Nous sommes en pleine période de dépôt des candidatures. Combien recevez-vous en moyenne de dossiers ?
Autour de cent vingt au total, que nous passons au crible pour n’en retenir que trente à quarante.

Selon quels critères de sélection ?
Ils sont multiples. L’invention doit apporter quelque chose de vraiment nouveau et être bien pensée en termes d’usage, de marché, de faisabilité industrielle, de possibilité de brevet. C’est tout cela que nous prenons en compte.

Ce sont donc des projets déjà bien avancés ?
Non, pas forcément mais notre expérience professionnelle nous permet d’évaluer leur potentiel. Pour les idées les plus intéressantes, nous approfondissons le raisonnement pour les optimiser. Nous contactons aussi parfois les inventeurs pour parler avec eux de leur projet et bien comprendre leur démarche.

Est-ce que vous retravaillez l’invention avec son auteur avant qu’elle ne soit soumise au jury ?
Non, nous ne la retravaillons pas à proprement parler, mais nous essayons d’imaginer au mieux le produit dans une conception aboutie, c’est-à-dire après un travail de conception fine, de design, etc… Cela permet d’inclure dans la sélection des projets moins finalisés que d’autres mais pour lesquels on peut déceler un potentiel important.

Comment présentez-vous les inventions retenues au jury ?
Sous forme de fiches reprenant toutes les informations qui nous ont été transmises, avec notre classement par ordre de préférence. Pour le jury, cette présentation présente l’avantage de découvrir les inventions de façon uniforme, ce qui laisse une chance à tous. Après avoir échangé tous ensemble, chaque membre choisit 6 projets en toute indépendance et très souvent ne suit pas notre classement initial.

Aidez-vous le gagnant à développer son projet ?
S’il le désire, il peut choisir à la place de son prix en euros, une prestation de conseil et d’accompagnement de son projet. Nous avons alors plusieurs rendez-vous avec lui. Dans certains cas, nous faisons un prototype. Nous lui donnons des conseils et des contacts autant sur les aspects conception que sur les aspects marketing ou juridique.

Que conseiller à un inventeur qui veut mettre toutes les chances de son côté ?
Avoir une vision globale de son invention et la remettre en question pour l’approfondir. Ne pas s’en tenir à l’avis de sa sœur ou de son ami qui disent que « tu es vraiment génial » et figent alors l’invention dans son état. Chercher plutôt à approfondir en écoutant ceux qui osent avancer une critique ! Toute idée est perfectible. Un conseil pour prendre de la distance : mettez vous dans la tête de votre concurrent qui découvre votre produit dans la presse… Imaginez ses critiques puis imaginez aussi les solutions qu’il va proposer pour mettre sur le marché un produit meilleur !