Le plus ancien savon encore utilisé de nos jours est celui d’Alep (Syrie), inventé 3000 ans avant notre ère et dont les vertus cosmétiques et dermatologiques sont toujours appréciées de nos jours. Sa recette est restée inchangée : un mélange de soude végétale, d’huile d’olive et d’huile de baies de laurier. Beaucoup moins agressif que les autres savons, il fut très tôt utilisé pour la toilette, alors qu’en Occident il fallut attendre le deuxième siècle après JC pour que les Romains utilisent le savon pour se laver.



Pline l’Ancien, dans son Histoire Naturelle, attribue l’invention du « sapo » aux Gaulois et en décrit l’utilisation : « On emploie le savon, inventé dans les Gaules, pour rendre les cheveux blonds. Il se prépare avec du suif et des cendres. Le meilleur se fait avec des cendres de hêtre et du suif de chèvre. Il est de deux sortes : mou et liquide. ».

A partir du VIIème siècle, les Arabes utilisent de la chaux cuite, ce qui leur permet de fabriquer un savon plus dur pour la lessive. Sous leur impulsion, l’industrie du savon gagne les côtes méditerranéennes : Italie, Espagne et surtout Marseille, qui devient le principal port de transit du savon et de ses composants. Au IXème siècle, de nombreuses savonneries s’y développent, donnant naissance au « Savon de Marseille », fabriqué avec de l’huile d’olive et des cendres de plantes salines, particulièrement la salicorne, et dont la formule a été réglementée sous Louis XIV.

Durant le Moyen-Âge, le savon reste un produit trop onéreux pour se démocratiser. Aux XVII et XVIII èmes siècles, les linges parfumés, les poudres et parfums prennent le dessus. Il faut attendre le XIXème siècle pour que les procédés de fabrication industriels rendent le savon accessible à un public plus large.